Tout motard le sait : l’espace de rangement sur sa monture est très limité et de plus en plus souvent inexistant. Sur ma Triumph Street Triple, il se résume à un minuscule emplacement dédié à l’antivol en U de taille XXS. Avec un peu volonté, j’ajoute un gilet jaune – mouarf ! – et un chiffon microfibres – utile en cas d’averse –, mais rien de plus !

L’emplacement de l’antivol en U, manquant sur la photo, est situé derrière la batterie

L’ancien propriétaire de ma moto utilisait un top case. Il m’a laissé en place le support et la platine. Je me suis dit que c’était toujours cela de pris, même si je me voyais jamais installer une verrue sur mon joli roadster. Et pourtant… « il ne faut jamais dire jamais » comme le disait très sagement Napoléon III !

Les a priori du jeune motard

Je suis convaincu qu’il existe plusieurs catégories de motards, dont notamment une espèce qui se représente sa bécane comme un objet sacré. Voilà ce qui explique sans doute mon obstination à ne pas dénaturer mon deux-roues : une bulle fumée toute petite, pas de bavette et surtout aucun équipement dédié au chargement ! Ce positionnement est radical et quelque peu ridicule, je l’admets volontiers.

Ma première bécane : une Suzuki SV 650, avec capot de selle s’il vous plaît ! Photo datant de septembre 2011 lors de mon premier road trip pour rejoindre Nice par les petites routes avec un permis tout frais en poche !

Si vous me parliez de top case, je répondais par « moche, gros et utilitaire » tout en étant choqué de voir certains motards en être équipés. Il s’agissait pour moi de motocyclistes abattant les kilomètres sans sourciller, ou alors de coursiers. 😉

Bon, je caricature peut-être un peu… (crédit photo : Chris Bird)

« Ce sera seulement pour voyager »

Et puis la pratique aidant – après 6 ans tout de même –, je commençais à chercher une solution de transport plus polyvalente que le sac à dos. D’autant plus qu’il faut penser à le prendre, ne pas le charger d’objets pouvant causer des blessures en cas de chute et le supporter pendant le trajet. Mon Anglaise ne propose pas d’origine de prédisposition pour le chargement – j’en entends dire que c’est logique, puisque c’est un roadster sportif – et je me vois pas lui mettre le filet araignée que j’utilisais sur ma Suzuki SV 650. Il ne tiendrait pas et abîmerait la peinture…

Vers quel type de bagage vais-je donc me diriger sachant qu’il est possible de choisir entre :

  • une sacoche de réservoir
  • une sacoche de selle
  • des sacoches cavalières
  • un top case
Aucun espace n’est perdu sur cette GS ! (crédit photo : IndustrialAndrew)

J’élimine d’emblée la sacoche de réservoir que je trouve gênante à la conduite et offrant une capacité de chargement trop restreinte. La sacoche de selle n’est pas non plus très logeable et condamne la place passager. Il me reste donc à départager les sacoches cavalières du top case. Les premières ont l’avantage d’être plus esthétiques qu’un coffre en plastique perché en hauteur. Le problème vient du fait qu’elles se volent facilement. De plus, les 2 pots en position haute demandent d’écarter les sacoches pour éviter de les brûler. Au final, le support coûte cher, la largeur de la moto est importante et l’éventuel passager ne doit pas être très confortablement assis en ayant les jambes écartées. Le support de top case étant déjà en place, je retiens donc le type de chargement le moins sexy ! De toute façon, je l’utiliserai uniquement pour voyager – sinon c’est la honte ! 😛 –, car oui cela fait plusieurs années que je n’ai pas roulé sur plusieurs jours sur les belles routes du sud de la France par exemple ! 😀

Au Baisse de Camp d’Argent en mars 2012. Neige et brouillard sont de la partie. Souvenirs, souvenirs, …

J’ai cédé au top case, mais cela ne veut pas pour autant dire que je vais partir à la recherche du plus gros ! Au contraire, je souhaite acquérir un top case compact et si possible pas trop laid. En parcourant les annonces du Bon Coin, je me rends compte que les modèles les plus volumineux sont privilégiés et que cet équipement coûte un bras au motard ! Pour ma platine Monokey, Givi propose des modèles allant d’environ 100 à 250 €. Au final, je me rends chez Defy Motard de Corbeil-Essonnes (Sasie Center étant en vacances) pour trouver un modèle pas trop encombrant. Je recherche plus particulièrement le Givi B33 offrant 33 litres de volume. Il s’agit du plus petit de la gamme Monokey (à ne pas confondre avec Monolock, destiné aux scooters) permettant d’y loger un casque intégral.

En arrivant dans le magasin que je connais peu, je repère après quelques instants le rayon des top case situé au fond à droite. Gros coup de chance : je tombe sur un exemplaire du Givi B33, alors que le modèle apparu en 2011 semble plus vraiment diffusé (en tout cas sur les boutiques en ligne). Le problème est que l’unique B33 disponible est poussiéreux et possède quelques traces de colle dues à un autocollant. Il est aussi rayé par endroits. Le prix affiché de 98,90 € me paraît donc plus vraiment justifié, d’autant plus qu’il s’agit apparemment d’un modèle en fin de vie. Defy Motard m’a proposé 30 % de réduction (soit 69,23 €). Je repars donc ravi de cette affaire chanceuse !

Le top case Givi B33

Un compagnon indispensable

De retour à la maison, je suis impatient d’installer le top case et d’apprécier le résultat sur ma Street Triple ! L’inconvénient d’un modèle d’exposition, c’est qu’il peut manquer certains éléments annexes comme la notice. Heureusement, j’ai réussi à avoir le double de clef ! Etant un novice complet en matière de top case, je n’arrive pas à monter mon acquisition sur la platine – on ne se moque pas ! La notice trouvée par internet n’est pas très explicative. J’arrive bien à caler le top case dans les encoches de la platine, mais je n’arrive pas à verrouiller l’ensemble même en appuyant copieusement. Je suis un bleu !!

Dans ces situations, YouTube peut être de grand secours. Malheureusement, je ne trouve pas beaucoup de vidéos sur le B33. Toutefois, je remarque qu’il faut bien appuyer sur le top case pour le verrouiller. Je retente donc l’opération en mettant une partie de mon poids dessus et… clac ! Enfin ! Le Givi est maintenant correctement installé, il ne bouge pas d’un iota. Youpi ! Un fois le coup de main pris, la pose/dépose du B33 est hyper rapide et facile. Une poignée permet de le transporter facilement. La ligne de la moto n’est pas trop détruite à mon goût… et pourtant je ne fais que découvrir cet équipement qui va vite m’apparaître comme indispensable !

Alors, qui reste la plus belle ? 😛

Après quelques centaines de kilomètres sous le soleil et la pluie – mais pas de road trip ! –, je suis conquis au point de me dire : « pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt ?! ». Je ne ressens pas de différence de comportement sur la moto à petite vitesse lors des manœuvres (poids…), comme à haute vitesse (louvoiement…). Ce Givi B33 se fait totalement oublier à la conduite. De haut de mes 1 m 74, je n’ai presque pas à plier la jambe pour chevaucher mon Anglaise.

Et le meilleur dans tout cela, c’est que j’utilise ce top case au quotidien ! Je vais boire un verre en ville ? Hop, je laisse casque et gants à l’intérieur et voici mes mains libérées. Des documents à transporter, à poster, … ? C’est pour le top case ! Aucun risque que ce soit froissé. Je peux également faire de petites courses grâce à cet espace de chargement. Le temps est incertain ? J’y place mes affaires de pluie. J’ai même pensé à un moment à prendre un modèle plus logeable…

Le joint d’étanchéité faisant le tour de l’ouverture du top case remplit son rôle. Aucune infiltration d’eau à déplorer malgré plusieurs douches subites

Sautez le pas !

Le côté utilitaire a du bon, n’est-ce pas ? Ma moto est toujours performante et plaisante à conduire et devient plus pratique tout en sachant qu’en 2 minutes j’ai déposé et rangé le top case si je veux devenir un redoutable séducteur sur 2 roues ! En plus de cela, j’ai maintenant davantage de raisons de prendre la bécane. 🙂

N’écoutez pas toujours l’avis de vos amis motards, au moins sur ce point, car maintenant l’aventure vous attend avec votre moto équipée de son top case (ou tout autre type de bagage) ! Je vous dis à bientôt, je suis en train de réfléchir à améliorer l’aménagement intérieur de mon top case dont je vous parlerai lors d’un prochain article…

Et vous ? Changez-vous vos jantes vous-même ? Racontez-nous votre première tentative !

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