Ayant obtenu mon permis moto en 2011, j’ai pu acquérir un peu d’expérience. Ces 6 années et 25 000 km sur ma Suzuki (bridée les 2 premières années), puis sur ma Triumph (depuis novembre 2016), à parcourir différents types de voies m’ont permis de me rendre compte de plusieurs choses et du comportement à adopter pour éviter l’accident.

J’ai pratiqué à deux endroits : dans le Sud de la France à Nice et ses alentours, puis en Ile-de-France. Voici mon retour d’expérience qui pourra bien entendu être utile aux débutants, mais également à tous quelque soit votre niveau de pilotage.

La moto ne pardonne pas

Le premier danger qui m’est venu à l’esprit en commençant la moto est la perte d’équilibre. Il faut donc être actif en permanence pour ne pas aller goûter le bitume. On peut penser qu’à partir d’une certaine allure ce problème devient secondaire. En réalité, je pense qu’il est comme un talon d’Achille pour nous motards. Il nous oblige à adapter notre conduite, car la moto ne pardonne pas…

En effet, l’improvisation ne fonctionne pas longtemps sur un deux roues, qui plus est lorsque celui-ci est puissant. Un coup de poignée me permet d’accélérer comme n’importe quelle supercar pour me projeter sur la voiture qui se trouvait au loin, un passage piéton, un carrefour, un virage, …. Un danger potentiel peut donc se rapprocher rapidement ou surgir subitement tels qu’un ballon, du gibier, … Nos pneus n’apprécient guère les bandes blanches sous la pluie et les graviers en courbe entraînent des pertes d’adhérence.

Anticipez pour prévoir le danger

A l’inverse de la voiture, la moto ne permet pas de passer un virage en force en faisant crisser les pneus. La réalité se traduira par un « tout droit ». Partant de ce constat que l’on rattrape rarement une mauvaise situation en deux roues, je m’efforce de toujours garder de la marge que ce soit pour une course en ville, un long trajet ou une ballade en groupe.

La ville est d’ailleurs un terrain miné pour nous motards : freinage intempestif, piéton traversant en dehors des passages piétons, automobiliste se rabattant sur nous, refus de priorité, chaussée détériorée, … Il s’agit par conséquent de l’endroit par excellence pour développer son sens de l’anticipation.

La première condition à la réussite de cet exercice est d’être actif en permanence. Cela passe par un regard périphérique pour observer à la fois la route de près et de loin, ainsi que les trottoirs et intersections. Il est également indispensable de vérifier régulièrement ses rétroviseurs pour s’assurer de ne pas être suivi de trop près et de voir venir un éventuel dépassement. Un feu vert à 200 m ? Ouvrez les yeux, le passage à l’orange peut faire piler la voiture qui vous précède (la peur du radar de feu). Un carrefour en approche ? Ralentissez légèrement pour pouvoir réagir en cas de comportement inattendu tel qu’un refus de priorité ou un automobiliste qui ne vous a pas « vu ». Lorsque vous dépassez, essayez, dans la mesure du possible, de vous assurer que vous avez été repéré par le conducteur. Cela vous épargnera un évitement dans le cas où l’automobiliste se mettrait à déboîter…

De manière plus générale, rouler à son rythme et pas au-dessus de mes pompes m’a évité bien des surprises. La prudence est mère de sûreté. Freiner un peu plus tôt à l’approche d’un virage permet régulièrement de se sortir d’affaire lorsque l’on découvre que la belle courbe tourne plus longtemps qu’espérée et surtout qu’elle se referme sur la fin ! Pour cela, il est essentiel de garder son sang-froid et de ne pas suivre à tout prix les copains qui arsouillent devant vous. On a tous été débutants, peut-être qu’ils connaissent déjà le parcours… et aussi qu’ils ont quelques chutes à leur actif. Je me dis toujours que je suis à moto avant tout par plaisir et par choix. Il est donc pas concevable de se donner soi-même la frousse ou de s’inquiéter à chaque fois que l’on sort la bécane du garage.

Devenez expert

D’après ma modeste expérience à moto, l’anticipation apparaît selon moi comme la règle essentielle pour un pilotage serein et en sécurité. C’est à partir de cet état d’esprit que découle tout le reste de mon comportement à moto. Aujourd’hui, je n’ai connu aucun accident ou chute. J’ai déjoué de nombreuses situations périlleuses (virage qui se referme, automobiliste qui se rabat sur ma voie, refus de priorité d’une personne âgée, …) qui m’auraient coûté cher sans anticipation de ma part.

Sur chaque trajet, je « joue » à être un expert de la détection des risques. Quand le danger se produit, c’est comme une petite récompense comme j’ai su le prévoir. Ainsi, les lignes droites sont moins ennuyantes et je me perfectionne à lire les conditions de roulage pour m’y adapter en toute circonstance.

N’hésitez pas à vous faire encadrer par des motards plus expérimentés lors de road trips. Ils seront de bon conseil grâce à leur vécu. Gardez aussi toujours un objectif en tête s’il s’agit d’un simple balade. Cela vous permettra d’être inconsciemment plus prudent, car vous vous êtes donné un objectif à l’arrivée.

Pour ma part, la prochaine étape est de participer à un stage de perfectionnement. L’apprentissage au permis est bien entendu insuffisant et les quelques années de pratique ne remplacent pas une bonne formation qui a aussi l’avantage de mettre en exergue les mauvaises habitudes ou doutes qui se sont installés au fil du temps…

Et vous, quelle est votre règle incontournable à moto ?

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