Etre passionné d’automobile n’est pas toujours un statut perçu de manière positive dans notre société, les reportages caricaturaux de la télévision ne jouant pas en notre faveur. Bien souvent, nous sommes présentés comme des propriétaires de voitures puissantes grisés par la vitesse. Le moteur doit rugir, la tachymètre s’envoler et les règles sont bafouées.

En dépit de ce qu’essayent de nous faire croire les médias pour, entre autres, accroître leur audience et servir les objectifs de la sécurité routière rentière, je crois que le passionné ne vit pas sa passion que par la vitesse. De mon point de vue, il y a moult éléments dans la conduite, et de façon plus générale dans l’automobile, qui alimentent notre passion.

La conduite ne se résume pas à la vitesse

Le premier point essentiel, qui est dans mon cas à l’origine de ma passion pour l’automobile, concerne la sensation de liberté procurée par la conduite d’une voiture. Il me suffit de prendre les clés, mettre le contact, enclencher le premier rapport et appuyer sur l’accélérateur pour partir là où je le souhaite. Et cela à n’importe quel moment ! C’est tout simplement énorme, bien que ce soit complètement banal !

Ensuite, le fait de maîtriser l’ensemble des commandes (volant, accélérateur, freinage, …) est également très important et étroitement lié à la sensation de liberté. En tant que conducteur, je décide seul de mon trajet et de la façon dont je vais l’effectuer : rythme, vitesse, trajectoire, pauses, etc. Bien entendu, les limites sont multiples : réseau routier, code de la route, coûts, fatigue, etc. Et si prendre sa voiture avait un goût d’aventure ? Cela peut s’apparenter à un slogan publicitaire, pourtant aucun trajet n’est identique et tout peut arriver en chemin…

Heureux. Tout simplement (crédit : Yann)

Au quotidien, j’ai plaisir à conduire qu’importe le type de voie (ville, départementale et autoroute), l’état du trafic, la météo, le moment de la journée et la durée du trajet. La conduite est dans mon cas un plaisir de chaque instant, notamment en maniant le volant et le levier de vitesse. C’est aussi sentir ma voiture en écoutant la mécanique travailler selon le régime moteur, observer le comportement dynamique et les trajectoires, apprécier le paysage et regarder les autres auto, ainsi que le comportement des conducteurs.

La conduite fait appel à de nombreux sens, ce qui me permet de ne jamais m’ennuyer la plupart du temps, alors que je dépasse rarement les limitations de vitesse. J’ai malgré tout uniquement des véhicules puissants… Je prenais déjà du plaisir avec une simple Ford Fiesta MkIV, la BMW et la Lotus me permettaient de l’accentuer d’une façon différente (confort et onctuosité du six-cylindres VS équipement spartiate et réactivité). Je rêve de posséder une voiture ancienne pour décupler ces sensations…

Conduire n’est qu’un élément parmi d’autres pour vivre sa passion

Croire que conduire est la seule façon de vivre sa passion est bien réducteur. Il existe beaucoup d’autres manières de vibrer sans forcément être derrière le volant. Je pense notamment au plaisir de regarder son auto après avoir pris du temps et de l’énergie à la faire briller à l’extérieur comme à l’intérieur. Le passionné est également amené à réaliser de la mécanique : vidange moteur, démonter une roue, améliorer le freinage, … Une voiture âgée aura aussi besoin d’attention pour par exemple remettre en état un ciel de toit décollé ou une boîte à gants qui ne ferme plus. Cela permet de mieux comprendre et connaître sa voiture.

En outre, cette passion s’alimente par des sorties et des rencontres. Il peut s’agir d’un rassemblement autour d’une même marque, une ballade entre amis, une journée sur circuit, un salon sur des nouveautés ou un musée dédié aux anciennes. Il s’agit parfois juste d’un inconnu qui vient me voir pour me poser quelques questions sur ma voiture… Ce sont des moments forts vécus entre passionnés.

L’autodrome de Linas-Montlhéry envahi de petites anglaises lors du Festival Lotus en 2015

Enfin, les revues, livres, sites internet et forums sont autant de moyens d’entretenir notre lien avec l’automobile. Avec Automotard, je souhaite justement de cultiver cet aspect-là. Les différentes catégories du blog (vécu, point de vue et pratique) sont là pour partager, échanger, apprendre, approfondir et réfléchir avec vous sur ces sujets. Le forum comportant différentes sections vous permet d’ouvrir des sujets et d’en répondre à d’autres qui vous tiennent à cœur. Le but étant de créer une petite communauté pour des personnes voulant alimenter et faire grandir leur passion pour l’automobile.

Gentleman passionné

Le comportement d’une minorité peu respectueuse et le climat actuel autophobe ne nous facilitent pas la tâche en tant que passionnés d’automobile. Il faut admettre qu’un conducteur roulant à 100 km/h en ville avec une compacte en échappement libre marquera davantage les esprits de façon négative qu’un passionné au volant d’un auto passe-partout adoptant un comportement respectueux. Quand bien même vous roulez tranquillement dans un coupé puissant, la sonorité et la carrosserie évocatrices vous feront parfois passer pour un chauffard, alors qu’il n’en est rien ! Le Français est probablement assez fort pour les a priori…

Rouler en Ferrari 458 Speciale suscite malheureusement parfois des réactions assez vives (crédit : Arnaud)

Personnellement, j’essaye dans la mesure du possible de dégager une bonne image du passionné en étant irréprochable dans ma conduite. C’est une manière de faire passer le message suivant : passionné d’automobile, je vis ma passion sans l’imposer à autrui. Une façon d’installer un esprit de partage et de tolérance qui profite à tous…

Et vous, comment alimentez-vous votre passion pour l’automobile ? Quel est votre rapport aux autres ?

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